• COBAYES HUMAINS

    Quand l’état israélien enlevait des milliers d’enfants juifs yéménites pour en faire des cobayes humains

    Après des décennies de secret d’État, sous la pression des familles des victimes, le gouvernement Netanyahou a finalement déclassifié les preuves formelles, actuellement en cours d’analyses, et commence à reconnaître les faits…

    QUAND L’ÉTAT ISRAÉLIEN ENLEVAIT DES MILLIERS D’ENFANTS JUIFS YÉMÉNITES POUR EN FAIRE DES COBAYES HUMAINS

    Il y a un an, je publiais l’article « Quand la firme Bayer achetait des lots de femmes à Auschwitz »(1) pour évoquer le trafic de cobayes humains pratiqué autour des camps de concentration en Allemagne et en Pologne, entre les dirigeants nazis et les patrons capitalistes.

    Je n’imaginais pas alors que, cinq ans après la fin de l’holocauste, c’est l’État d’Israël qui, à peine fondé, allait à son tour rafler des milliers d’enfants juifs, dont certains à des fins de cobayes humains, également pour des expériences médicales souvent mortelles.

    Certes, nous connaissions déjà l’horreur que vivent les Palestiniens depuis des décennies, entre violences, saccages et humiliations(2).

    Mais dans cette séquence historique, il y a une dimension symbolique supplémentaire : dès sa création, l’État d’Israël a reproduit à l’identique certaines pratiques subies par les juifs en Europe, et ce, sur d’autres juifs qui venaient chercher refuge en Israël, en provenance du Yemen.

    Comment cela a-t-il pu se produire ?

    Durant la création d’Israël en 1948, parmi les nombreux arrivants, les juifs séfarades qui venaient du Proche-Orient étaient parfois méprisés par certains juifs ashkénazes venus d’Europe. Sans que cela soit le cas pour tout le monde, évidemment, il existait manifestement une forme de racisme à l’égard des différences de couleur de peau, d’accent, de modes de vie, d’installation (la plupart des séfarades vivaient dans des tentes ou des bidonvilles), ou encore, à l’égard du « sang nègre » évoqué au sujet des juifs yéménites. Le racisme est un fléau qui ne s’arrête pas à la porte des groupes religieux, loin s’en faut, preuve en est le racisme entre chrétiens aux États-unis et en Europe durant des siècles.

    48 000 juifs yéménites (les teymanim) venaient d’être transportés par pont aérien, lors de l’opération « tapis volant » organisée avec les États-Unis et la Grande-Bretagne entre 1948 et 1949. La plupart furent parqués dans des conditions épouvantables à côté du du village de Rosh Hayin. C’est parmi ceux-là qu’ont été enlevés entre 3000 et 5000 enfants par des équipes hospitalières chargées officiellement de les vacciner. La plupart ont été déclarés morts ou disparus à la stupeur des familles. A l’époque, une rumeur évoquait leur possible adoption par d’autres familles vivant dans de meilleures conditions, mais des parents qui voulaient absolument savoir commencèrent une lutte qui a finalement abouti, 60 ans après, à la découverte du terrible secret d’État.

    Le 14 juin dernier, la commission d’enquête de la Knesset (parlement israélien) a confirmé l’hypothèse de plusieurs chercheurs et avocats en révélant de nombreux documents, notamment des lettres échangées entre les directeurs de différents hôpitaux d’Israël qui se réjouissaient secrètement de « disposer d’un matériel si abondant à Rosh Hayin ».

    Les membres de la commission d’enquête ont également divulgué le témoignage d’une infirmière décrivant des expériences sur « résistance du cœur des [enfants] yéménites ». Parmi les autres documents disponibles : des centaines de certificats de décés en blanc et antidatés prouvant la mort programmée de nombreux cobayes.

    Il est encore tôt pour faire le bilan de ce projet monstrueux, l’enquête se poursuit et tous les documents de la bureaucratie de l’époque n’ont pas encore été déclassifiés. Mais on peut déjà en tirer une première conclusion.

    N’en déplaise aux antisémites et racistes de tous poils, l’horreur politique n’a pas de religion ni de nationalité. Car cette horreur n’est que la conséquence logique du pouvoir qu’exercent certains humains sur d’autres, à l’instar de ce qui se produit dans tous les compartiments de la vie quotidienne.

    Toute l’histoire de l’humanité en est la preuve. Tant qu’il y aura des chefs et une armada de valets à leur service, l’horreur reviendra.

    Contrairement à ce que racontent, de tous côtés, nationalistes et intégristes, il n’est pas de peuple(3) meilleur ou pire qu’un autre, ni élu ni maudit, ni sauvé pour toujours ni condamné à jamais. Il y a juste une façon de s’organiser à bannir, et nous le savons bien, même si cela parait encore à certains une utopie : supprimer le pouvoir et prendre nos vies en mains.

    Combien de morts encore, de misère, de guerres et de génocides, avant de choisir enfin la voie de la raison, celle unissant vraiment l’égalité et la liberté ?

    Yannis Youlountas

    (1) L’article en question : http://blogyy.net/2016/10/11/quand-la-firme-bayer-achetait-des-lots-de-femmes-a-auschwitz/

    http://www.tribunejuive.info/israel/enfants-yemenites-disparus-israel-leve-le-voile

    « Propos criminels de Messahel : le clan Bouteflika veut-il la guerre ?Voilier El-Mellah 938 bateau école en Algérie »
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