Ce n’était pas la première fois qu’il avait affaire à la police. Mais cette fois ci c’était spécial. Le mécanicien venait d’appeler au restaurant ;impossible de réparer la voiture .Il fallait la déplacer loin de la Rocade. Du matériel informatique ,couteux,dans deux valises abritées dans la malle. Mo prit un taxi ,puis se mit à pousser sa voiture en point mort. La circulation à cette heure avancée de la nuit était quasiment nulle . Quand il arriva près du Commissariat ,une voiture de police s’arrêta .quatre jeunes flics sortirent pour me donner un coup de main. Très gentils. L’un d’eux ,celui qui poussait à l’avant près de moi avait cru sentir de l’alcool dans mon haleine .Il commença par me provoquer. C’est des gens comme toi qui foutent la merde partout .Je lui répondis que j’étais prêt à payer un resto à toute son équipe pour leur geste. Tu est saoul ,l’ami et tu vas passer tout de suite l’alcootest. J’ai observé que je ne conduisais pas et que de plus ma voiture ne pouvait pas démarrer. Sa volonté de m’accuser de conduite en état d’ivresse fut suivie d’un emprisonnement de 2 jours. On me refusa le téléphone et on me mit dans une cellule ou se trouvaient une dizaine de personnes assises,accoudées ou allongées sur le ciment du sol. De l’eau sortais en permanence de la chasse d’eau en panne. Pour étancher la soif ,il fallait se plier en deux ,joindre les deux mains et boire à une dizaine de centimètre du trou. Qui exhalait son odeur de merde . Sinon ta fierté subit le supplice de tantale. Dès qu’un détenu voulait faire ses besoins ,quelqu’un se levait et le cachai dans sa position accroupie ,du regard des autres. Par une veste déployée ou une chemise . Les prisonniers avaient plus depudeurs, morale que ce système d’un pays dit islamique .J’ai dormi d’un seul œil ,à même le sol ,comme tout le monde. Heureusement que ce n’était pas l’hiver. Sommes nous vraiment traités tel que l’Islam le prévoit ? Nous étions mélangés ;jeunes et vieux .Seul un rayon de lumière pénétrait par dessous la lourde porte de fer .La chaleur était intenable .Il fallait boire à petites gorgées l’eau de la chasse d’eau. Le lendemain très tôt ,on me changea de cellule .Mon jean était crasseux. Celle ci était une cage classique. On me ramena une sorte de malade mental .Un flic,sympa, me demanda si je voulais prendre un café. Je lui dis ok pour 2 petits déjeuners à payer sur mon compte .Il revint avec les cafés , les croissants et la monnaie .je le remerciais et donnait sa part à mon hôte. Un glouton ;il avait tout ingurgité d’un coup. Du haut de son 1m80 ,il m’ordonna de lui donner ma part sinon il me baiserait. Fou de rage ,je lui sautais dessus en lui cognant sans pitié la tête dans le trou des toilettes turques .Les flics me cognèrent dessus pour que je le lâche. J’étais enragé .Je tremblais de partout et ma voix avaient totalement changée.Une heure plus tard ,j’étais dehors après avoir signé un procès-verbal. Je ne pouvais m’empêcher de sourire secrètement à la déformation professionnelle du flic me répétant chaque phrase dès qu’il arrivait en bout de ligne sur sa vieille dactylo. Un perroquet ,volatile dangereux s’il en est. Mon dos ,mes clavicules étaient douloureux .J’avais hâte de rentrer prendre une douche et surtout retrouver mon lit .Soyons modeste ; juste un lit. Des mois plus tard ,dans ce qui fut un triste et célèbre site de torture colonial ;le président du tribunal se prit à rire des flics et condamna le gouvernement à me payer un dinar symbolique ! Je ne l’ai jamais ramassé . Il y’en a d’autres qui se paient des villas extraordinaires pour un dinar symbolique. J’ai raté ma chance !Qui a dit que le dinar était une monnaie de singe ? Deux ans pourtant à siéger en tant que juré à la cour criminelle d’Alger!
Extrait«Relevé psychiatrique d'un Anonyme».Mohamed Aib.