Photo extraite du site ,en anglais : http://greyeconomy.wordpress.com/2011/03/08/bcci-affair-worldwide/
Ain Temouchent

Djebel ONK II
Djebel KSEL (cargo)
Djebel REFAA (cargo)

NEDROMA (cargo)

NEMENCHA (pétrolier)
Voilà ou mène l'incompétence,la corruption !L'Algérie étranglée par des malfrats nationaux et internationaux ! Ces bateaux ne nous appartiennent plus .Chaque jour nous faisons le deuil de nos acquis et pas juste dans le domaine maritime ! La CNAN coule et ses prédateurs se la coulent douce ! Bon sang , cela va durer combien de temps encore ?
Faites vous une idée ( en 2007 déjà!) :
Le dossier noir de la Bank of Credit and Commerce International (première partie)
par Eric Pilon
Le 5 juillet 1991, la Banque d’Angleterre met fin aux activités de l'une des plus imposantes banques internationales, la Bank of Credit and Commerce International (BCCI), soupçonnée de fraude sur une vaste échelle. Dans les jours qui suivent, un scandale éclate et des personnalités de premier plan y laissent leur réputation, alors que d’autres y laissent une fortune. Conséquences de cette faillite : des compagnies doivent cesser leurs activités, des cargos sont immobilisés dans de nombreux ports et des épargnants manifestent à Londres, à Hong Kong ainsi que dans d’autres villes du monde pour réclamer leurs avoirs bloqués par la Banque d’Angleterre et la Réserve fédérale américaine. Ce qui suit est le récit de l'une des plus éclatantes et des plus fascinantes faillites de l’Histoire moderne.
Au commencement…
Fondée par le Pakistanais Agha Hasan Abedi en 1972, la BCCI entama ses activités avec une capitalisation de trois millions de dollars. De ces trois millions, deux millions et demi provenaient des coffres de la Bank of America et 500 000 $ du cheikh Zayed bin Sultan al Nahyan, d’Abu Dhabi, qui en profita pour déposer cinquante millions de dollars dans la nouvelle banque. La Bank of America obtint 25 % des actions de la BCCI et deux sièges à son conseil d’administration en échange de sa participation. Implantée au départ au Luxembourg (BCCI SA), à Abu Dhabi et en Angleterre, la banque établira des filiales dans d'autres parties du monde, notamment dans le fabuleux paradis fiscal des îles Caïmans (BCCI Overseas). Alors que, en 1973, la BCCI disposait de dix-neuf succursales dans cinq pays, quatre ans plus tard elle en comptait 146 dans 43 pays, pour un actif de 1,6 milliard de dollars. À la fin des années 80, elle figurait au septième rang mondial des banques privées, comptant un actif de 23 milliards de même qu’un million trois cent mille clients répartis dans quatre cents succursales partout dans le monde.
Dès le départ, Abedi et son bras droit, Swaleh Naqvi, mettent sur pied un plan d’expansion. En 1976, ils acquièrent la Banque de Commerce et de Placements, de Genève, créent la Kuwait International Finance Company (KIFCO) et une série de sociétés-écrans rassemblées sous le parapluie de la très controversée International Credit and Investment Company (ICIC). En Asie, la BCCI fait l'acquisition, entre autres, de 51 % des actions de la Hong Kong Metropolitan Bank et devient un véhicule financier pour le gouvernement chinois. Mais quelques années seulement après la fondation de la BCCI, les dirigeants de la Bank of America, frustrés de n’exercer aucun contrôle au sein de la banque, décident de se départir de leurs capitaux initialement investis.
Au commencement de la fin
En 1990, dans une période creuse teintée de scandales, le cheikh al Nahyan accroît sa participation dans la BCCI, devenant ainsi le propriétaire [/]de facto[/i] de la banque. Mauvais jugement de sa part puisqu’en avril de la même année sa banque est obligée de passer des provisions pour créances douteuses de 600 millions de dollars : la BCCI annonce alors une perte nette (sous-évaluée) de 489 millions. Le cheikh réinvestira un milliard de dollars pour combler ce trou et racheter la participation de certains actionnaires. Lorsque la BCCI s’écroule, c’est lui qui, au départ, en porte le fardeau.
Ces pertes étaient d’autant plus catastrophiques qu’il fut démontré que la BCCI eut recours à de nombreux subterfuges qui ont plus tard exacerbé la colère de milliers d'investisseurs : profits imaginaires et pertes soustraites des registres, emprunts fictifs liés à des rachats d’actions, détournements de fonds, transactions fictives, fausses capitalisations, prêts fictifs, blanchiment d’argent issu du trafic de drogue, bref, tout était permis dans l’enceinte de la BCCI. Finalement, le 29 juillet 1991, vingt-quatre jours après l’arrêt des activités de la BCCI, les autorités américaines la condamnent à verser une amende de deux cents millions de dollars en relation avec l’achat frauduleux de la First American Bankshares (voir plus bas). Trois ans plus tard, on appréhende, entre autres personnages liés de près à la BCCI, Abbas Kasimili Gokal, un des trois frères d’une famille pakistanaise devenue célèbre le jour où on a constaté qu’elle devait 1,2 milliard de dollars à la BCCI. Les Gokal avaient tout fait pour camoufler cette énorme dette accumulée au fil des ans par le moyen de nombreux prêts offerts par Agha Hasan Abedi, un ami de longue date. Les deux autres frères Gokal, Mustafa et Murtaza, ont évité la prison en demeurant au Pakistan, un pays qui ne dispose pas d’entente d’extradition avec la Grande-Bretagne. Leurs avoirs furent toutefois gelés.
La Dubai Islamic Bank
Une des institutions propriétaires de la BCCI était la Dubaï Islamic Bank, qui y détenait un actif de 80 millions. Les gouvernements de Dubaï et du Koweït figuraient parmi les actionnaires de la Dubaï Islamic Bank, et 90 % des organisations non gouvernementales des six Émirats arabes unis y possédaient des comptes. Or, on sait aujourd'hui que la Dubaï Islamic Bank a été l’une des nombreuses institutions qui ont facilité les transferts de fonds de la galaxie bin Laden. Elle a été fondée en 1975 et est actuellement dirigée par le ministre des Finances des Émirats arabes unis, Mohammed Khalfan bin Kharbash. La Dubaï Islamic Bank est actionnaire de la Bahrain Islamic Bank, de la Islami Bank Bangladesh Ltd et de la Tadamon Islamic Bank, elle-même actionnaire de la Al-Shamal Islamic Bank, du Soudan, que les autorités américaines accusent d’être au cœur du financement d’organisations liées à Oussama bin Laden. Celui-ci aurait même participé au capital de la Al-Shamal à hauteur de 50 millions à l’époque où il était en exil au Soudan.
Les frères Pharaon
Parmi ceux qui ont fait office de prête-noms pour le compte de la BCCI figurent les frères Gaith et Wabel Pharaon, associés de la famille bin Laden et dont l’autre frère, Mazen Rashad Pharaon, était proche de Kadhafi. Gaith Pharaon possède une société du nom d’Attock Oil, qui, autrefois, était sous propriété de KIFCO, elle-même filiale de la BCCI. Les actionnaires de KIFCO étaient Pharaon lui-même, Fayçal al-Fulaij, ex-président de Kuwait Airways, Abdullah Darwaish, chef des finances de la principauté d’Abu Dhabi, et Kamal Adham, ancien chef des services de renseignements de l’Arabie saoudite. Adham, qui était aussi un actionnaire et prête-nom de la BCCI, était autrefois un contact précieux pour la CIA et toute organisation désireuse de se rapprocher du palais royal saoudien. Il a permis à Northrop Grumman, à Boeing, à Dassault (fabriquant des avions de combat Mirage) et à Lockheed Martin d’obtenir des contrats avec l’Arabie saoudite, grâce auxquels il empocha de substantielles commissions. De toute évidence, la carrière d’Adham est couverte de juteux pots-de-vin. Entre autres, dans les années 50 et 60, il obtint des Japonais des versements fort appréciables en contrepartie de l’accès au pétrole saoudien. Adham a emprunté plus de 300 millions de dollars à la BCCI, offrant plus d’une fois en garantie des propriétés non évaluées, voire quasi inexistantes. Quant à Abdullah Darwaish, il avait été inculpé au début des années 80 de fraude d'une valeur de 96 millions de dollars à l'endroit de son patron : le cheikh Zayed bin Sultan al Nahyan.
Gaith Pharaon participait également au capital d'une caisse d'épargne de Miami appelée CenTrust, ayant été son second actionnaire en importance après l'Américain David Paul. La CenTrust, filiale elle-même de la BCCI, comme on l'apprit plus tard, s'est effondrée en 1990 non sans que les contribuables américains y aient injecté 1,7 milliard de dollars. David Paul a été accusé et emprisonné en 1994 pour divers délits commis à l'endroit de la caisse d'épargne. Pharaon a réussi à obtenir une entente à l’amiable avec des créanciers de la BCCI. Selon l’entente, il peut continuer à diriger Attock Oil, mais a dû débourser 75 millions de dollars en guise de dédommagement. À titre de prête-nom, Pharaon a été mêlé aux négociations entourant l’achat frauduleux de la National Bank of Georgia et de la General Financial Bankshares, des États-Unis, qui ont plus tard fusionné pour devenir la First American Bank, filiale [/]de facto[/i] de la BCCI. Il a aussi fait l’achat de la banque Independence Bank, de l’État de la Californie, grâce à un prêt consenti par la BCCI au moyen d’une lettre de crédit fournie par la Banque arabe et internationale d’investissement (BAII).
First Arabian Corp. et Roger Tamraz
Dans la transaction impliquant la National Bank of Georgia et la General Financial Bankshares, la First Arabian Corp., dont les principaux actionnaires étaient Gaith Pharaon, le prince Abdullah bin Musaid bin Abdul Rahman, de l'Arabie saoudite, et Salem bin Laden, frère de l’autre, servit de paravent à la BCCI. La First Arabian, elle-même actionnaire de la BAII (qui a été rachetée par la Banque Nationale de Paris en 1990), était dirigée par Roger Tamraz, précieux contact de la CIA et homme d'affaires du secteur pétrolier recherché par les autorités françaises qui lui réclament 57 millions de dollars en rapport avec le naufrage d’une banque française. Il fait également face à un mandat d’arrêt d’Interpol pour avoir escroqué la Al Mashreq Bank pour une valeur de près de 200 millions de dollars. En juin 1995, un tribunal militaire du Liban l’a condamné in absentia en relation avec cette fraude. Un an plus tard, Tamraz, qui a déjà offert des pots-de-vin au président du Turkménistan pour la construction d’un oléoduc, a réussi à obtenir un dîner avec Al Gore et Ted Kennedy, du Parti démocrate. Les deux hommes n’ont fait que manifesté de la déférence envers une personnalité qui avait versé 220 000 $ au Parti démocrate en 1995 seulement.
La First Arabian avait acquis, en 1975, une petite institution financière du nom de Detroit's Bank of the Commonwealth. Or, la firme juridique embauchée pour l'occasion était Vinson & Elkins au sein de laquelle oeuvrait l'ex-gouverneur du Texas (et ex-secrétaire au Trésor sous Nixon), John Connally. Connally fit lui-même l'acquisition d'une banque de Houston, la Main Bank, grâce en partie aux fonds avancés par Gaith Pharaon et le Saoudien Khalid bin Salim bin Mahfouz. Un associé de Connally, Frank Van Court, a représenté les intérêts de Pharaon aux États-Unis.
Bush et les Saoudiens
D’autres prête-noms ont contribué aux opérations frauduleuses de la BCCI, en particulier Fayçal al-Fulaij, le prince Turki al-Fayçal et Mohammed Hammoud. Le premier, on l’a vu, a été président de la compagnie Kuwait Airways, alors que le second a été jusqu’en août 2001 le chef du renseignement saoudien, succédant à Kamal Adham. Bonne connaissance des bin Laden, le prince Turki a entretenu pendant longtemps des relations avec le mouton noir de la famille. Quant à Mohammed Hammoud, il n’est également pas étranger au terrorisme : il a aidé le Hezbollah à mettre sur pied un réseau de sociétés-écrans vouées au trafic d’armes.
En 1986, dans une période préoccupante pour Gaith Pharaon sur le plan financier, il céda sa participation dans la BCCI à Khalid bin Salim bin Mahfouz, dont la famille est proche du cercle princier saoudien. Elle possède de nombreuses entreprises de par le monde, ce qui en fait l'une des familles les plus riches de la communauté arabe. Elle fut, entre autres, copropriétaire de la National Commercial Bank, impliquée dans le scandale de l’Iran-Contra aux États-Unis. Une banque du Pakistan, la Prime Commercial Bank, est dirigée par l’un des fils de bin Mahfouz, Abdul Rahman bin Khalid bin Mahfouz, et par Sami Mubarak Baarma, ce dernier assurant sa présence dans plusieurs filiales de la société de portefeuille des bin Mahfouz. Il (Baarma) fut également membre du Carlyle Group, cette fameuse société d’investissement dont d’illustres personnages ont emprunté ses couloirs, tels que James Baker III, ex-secrétaire d’État sous Georges Bush, et John Major, ex-premier ministre de la Grande-Bretagne. Pendant quatre ans, Georges W. Bush a été membre du conseil d’une filiale du Carlyle Group, la société Caterair.
À propos de Georges W. Bush, un de ceux qui ont contribué au développement de sa courte carrière d’homme d’affaires est James R. Bath, qui avait la particularité d’entretenir des rapports étroits avec Khalid bin Mahfouz, puisqu’il était le fondé de pouvoir de celui-ci aux États-Unis. Bath est une bonne relation du cheikh Abdullah Taha Bakhsh, qui, en 1987, a été un de ceux qui sont venus à la rescousse de la compagnie Harken Energy, pour laquelle Bush fils agissait à titre de conseiller, en achetant 17,6 % des actions de l’entreprise. Or, le cheikh figure sur la liste des bonnes relations de Gaith Pharaon.
Terminons en mentionnant que le prince saoudien Abdul Aziz al Ibrahim, beau-frère de feu le roi Fahd, a profité d’un prêt de 132 millions de dollars accordé par la BCCI en 1989. Cette affaire n’aurait sûrement pas fait de vagues dans un pays habitué à de telles péripéties si ce n’était que le fameux prince a jadis fondé un organisme de charité dont la succursale kenyane est suspectée d’avoir gravité autour du réseau al-Qaeda. Son nom circula dans l’enquête du FBI sur les attentats terroristes de Nairobi et de Dar Es-Salaam.