À jour en Janvier 2019

Après un décès s'ouvre la succession de la personne décédée, ce qui implique la répartition de son héritage entre ses héritiers.
En islam, le système juridique en matière de succession est consigné dans le Coran, et plus spécifiquement dans la sourate « Les femmes ». Il trouve donc sa source dans le droit divin qui fixe :
Bon à savoir : après le décès de son mari, la femme doit observer une période de veuvage : l'Idda. Pendant 4 mois et 10 jours, la femme ne peut ni se marier, ni accepter une proposition de mariage. Cette règle permet de manifester sa tristesse mais également de s'assurer de l'état de grossesse de la femme avant un nouveau mariage.
Qui peut écrire un testament, qui peut hériter et comment les biens sont répartis selon les règles de l'islam ? Toutes les réponses maintenant.
Le testament (wassiyat) n'est pas obligatoire mais recommandé comme moyen de léguer ses biens mais aussi d'exprimer ses dernières volontés, ses derniers conseils. Il est écrit devant deux témoins.
Tout individu peut léguer ses biens par testament, dans la limite du 1/3 des biens restant après règlement des dettes du défunt et des frais d'enterrement. Si un legs dépasse cette quotité, son exécution nécessite l'accord des héritiers.
Les légataires ne peuvent être ni des créanciers, ni des héritiers (dont la part d'héritage est fixée par la loi islamique). Cela permet une plus grande circulation des richesses.
Le Coran fixe précisément les personnes qui sont susceptibles d'hériter.
L'héritier doit être vivant (mais pas nécessairement déjà né) le jour de la mort du défunt.
En outre, il existe trois situations qui empêchent l'héritage :
Quinze hommes sont susceptibles d'hériter : le fils, le fils du fils, le père, le père du père, le frère germain, le frère consanguin, le frère utérin, le fils du frère germain, le fils du frère consanguin, l'oncle paternel germain ou consanguin, le fils de l'oncle paternel germain ou consanguin, l'époux, celui qui a affranchi.
Dix femmes sont susceptibles d'hériter : la fille, la fille du fils, la mère, la mère de la mère, la mère du père, la sœur germaine, la sœur consanguine, la sœur utérine, l'épouse, celle qui a affranchi.
La première catégorie d'héritiers (Faraaiz) comprend :
La deuxième catégorie d'héritiers (Asabah), venant en seconde ligne (héritant « du reste »), comprend :
Avant toute répartition des biens du défunt, il y a lieu de :
Le Coran prévoit qu'on peut hériter de la moitié, du quart, de la moitié du quart, du tiers, de la moitié du tiers et des deux tiers :
Bon à savoir : « Au fils, une part équivalente à celle de deux filles. » (4:11) Ce qui pourrait paraître injuste trouve sa justification dans le fait qu'au moment de se marier, le garçon perdra une part en versant sa dot, la fille en récupérant une en percevant la dot. En effet, la dot revient à la femme qui en est propriétaire et qui ne peut se la voir retirer sous aucun prétexte. Au surplus, le fils a la charge d'entretenir la famille (parents, et même sœurs avant leur mariage), alors que la femme est libre de disposer de sa fortune comme elle l'entend.
Bon à savoir : les frères n'héritent pas en présence du père ou des fils ou des fils du fils.
Exemple : l'épouse décède laissant son mari, sa mère, un fils et une fille : le mari a droit à 1/4 (6/24), la mère à 1/6 (4/24). Les 14/24 restant sont partagés entre le fils et la fille, le fils ayant droit au double de sa sœur, soit 7/36 pour la fille et 14/36 pour le fils.
L'Islam impose aux individus d'être justes et équitables. De son vivant, il n'est pas possible d'avantager un enfant par rapport à un autre par exemple.