Jadis scout au sein du groupe «El Widad» de l’ex-Saint-Eugène (Bologhine actuellement), Aknouche Hamdane Tadjedine nous plonge dans ses souvenirs pour nous proposer une balade dans le quartier hanté par les fantômes de Mourad Boukechoura, Mahieddine Bachetarzi, Kaltoum et Larbi Ben M’hidi.
On connaissait le «Santodji» festif, surtout à la veille des matchs du Mouloudia d’Alger, on découvre le quartier, berceau de la lutte armée et à l’avant-garde du patriotisme. Aknouche Hamdane Tadjedine, qui fut membre successivement des SMA, du PPA-MTLD et du FLN parle avec passion des «années difficiles» vécues entre 1944 et 1956, sans jamais courber l’échine.
Ce fort gardé par la Marine française dans les années 40, se dressant fièrement face à la baie d’Alger, fut l’un des points de la côte abordés par les troupes alliées, d’après les souvenirs de Tadjeddine Aknouche, pour préparer la libération de l’Europe du nazisme. «Le débarquement ne s’est pas fait sans encombres, dit notre interlocuteur.
Quand les Américains ont débarqué, ils ne pouvaient pas entrer au port, raison pour laquelle ils se sont rabattus sur le Fort de la Pointe Pescade.
De chez moi, on voyait des chaloupes avec des commandos qui débarquaient aux Deux-Moulins», raconte Aknouche, qui avait huit ans en ce novembre 1942, et il se rappelle encore du bruit assourdissant émanant de la mer. «Ma mère et moi, poursuit-il, regardions par le balcon les chaloupes qui débarquaient aux Deux-Moulins. Puis, on a entendu un crépitement de balles.
Plus tard, nous apprendrons que ces balles étaient destinées à un jeune vendeur de lait. Pour moi, c’est un chahid». L’altercation avec les gardes français s’étala entre 4 heures et 10 heures. Une image restera gravée dans la tête du jeune scout : celle des Marines américains faisant descendre les officiers français, mais sur la tête.
Les troupes occupèrent provisoirement les écoles du centre, obligeant les élèves à se mettre en vacances un mois après avoir entamé l’année scolaire 42/43, les Américains occupant l’école de filles, pendant que les Anglais siégeaient dans l’école de garçons. Les parents, ceux qui en avaient les moyens, envoyèrent leurs enfants à l’école privée.
«Pour nous Algériens, les ennemis de nos ennemis étaient nos amis», explique Aknouche. En ayant eu des contacts avec les Allemands, justifie-t-il, Bourras pensait agir «à titre individuel» afin d’obtenir des armes pour les jeunes Algériens.
Il eut le mérite d’avoir unifié tous les groupes scouts en une seule fédération et d’avoir organisé la jeunesse algérienne en vue de se préparer à prendre part à la libération du pays.