• Tout etait rentré dans l ordre

     

    Acrylique sur toile. Le Casbah . Mohamed Aib 2008.


    Tout était rentré dans l'ordre .le sujet montrait des tremblements aux mains encore, mais le pire était passé. La tension vérifiée de nouveau était enfin rassurante .Les spasmes avaient diminué leur fréquence .Ses doigts marmonnaient une douleur inconnue, supportable, confuse. Pierre lui parlait tout en lui prenant la main pour détourner son attention .Il voulait comme expulser une énorme rage de son corps. Des secrets, arapèdes assemblées en un horrible fœtus que l'on pouvait maintenant prévoir, anticiper !

    Une fausse couche psychologique .Les explications freudiennes ne résistaient pas devant l'absence d'oxygène et une dépression mal gérée avec ses arêtes étouffantes.

    L'ambulance attendait dehors .Des curieux sûrement s'arrêteraient pour le voir allongé sur le brancard et se demander les uns les autres ce qui se passait.

    L'ambulancière était souriante, agréable à écouter ; elle représente le monde normatif avec sa tenue irréprochable, bien repassée, pensa t'il, mais aussi une humanité qui excusait la froideur gantée de sa gestuelle technique.

    Il connaissait bien les symptômes de sa crise d'angoisse, mais jamais à trembler violemment de son bras droit puis de ses autres membres glacés. Il avait cru saisir un état émotionnel qu'il avait déjà vécu les années d'enfance .Cela avait le goût du refoulé ! L'odeur des résidus de banque alimentaire. Le logo Mute clignotait son chapelet sur la TV. Le match de hockey se déroulait en silence ; en apnée. Des ombres  successives glissaient en un ballet inconnu, incompréhensible.

    Un moment, l'idée qu'il était entrain de mourir bêtement, si piteusement, l'accabla comme un Judas. Mourir sans aucune satisfaction de soi ; une envie de pleurer sur ce gros tas de négligences. Le cercle vicieux : la crise d'angoisse qui provoque la crise cardiaque .Psychosomatique ! mon cher Watson .En prime ;la honte de se sentir si vulnérable .Tu finis par déceler, écouter nettement ,le craquement des jointures du plancher. En gros ; tu paranoies. Tu t'aperçois de ta fragilité mentale.

     Mohamed Aib .2007 Extrait «Relevé psychiatrique d'un Anonyme».

    Tu fais partie de la race humaine et t'est chanceux que tes signes  vitaux dessinent encore ta vie sur du papier millimétré!


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