• Seattle ,un grand sage Amerindien

    Nous sommes en 1854, sur les territoires encore sauvages du Nord-Ouest américain. A Washington, Franklin Pierce, 14e président des Etats-Unis, a confié à son chargé des Affaires indiennes la délicate mission de négocier l'achat de 2,5 millions d'acres (plus de 1 million d'hectares!) de leurs terres ancestrales aux peuples indiens Duwamish et Suquamish. Ecoutons, dans une de ses multiples traductions françaises, la longue réponse orale du chef Seattle - il a depuis donné son nom à la capitale de l'aéronautique américaine- à cette proposition. 

    "Peut-on acheter ou vendre le ciel, la chaleur de la terre? Etrange idée pour nous! Si nous ne sommes pas propriétaires de la fraîcheur de l'air, ni du miroitement de l'eau, comment pouvez-vous nous l'acheter? Le moindre recoin de cette terre est sacré pour mon peuple. Chaque aiguille de pin luisante, chaque grève sablonneuse, chaque écharpe de brume dans le bois noir, chaque clairière, le bourdonnement des insectes, tout cela est sacré dans la mémoire et la vie de mon peuple. La sève qui coule dans les arbres porte les souvenirs de l'homme rouge. Les morts des hommes blancs, lorsqu'ils se promènent au milieu des étoiles, oublient leur terre natale. Nos morts n'oublient jamais la beauté de cette terre, car elle est la mère de l'homme rouge; nous faisons partie de cette terre comme elle fait partie de nous. Les fleurs parfumées sont nos soeurs, le cerf, le cheval, le grand aigle sont nos frères; les crêtes des montagnes, les sucs des prairies, le corps chaud du poney, et l'homme lui-même, tous appartiennent à la même famille." On imagine volontiers la stupeur du gouverneur Stevens, le représentant de Washington, en entendant cette adresse qu'il est chargé de transmettre au président des Etats-Unis. Surtout quand, durant tout ce discours long d'une demi-heure, le grand Seattle garde une main posée sur la tête de son interlocuteur, connu pour sa petite taille. 

    Seattle poursuit : "L'eau étincelante des ruisseaux et des fleuves n'est pas de l'eau seulement; elle est le sang de nos ancêtres. [...] Nous savons que l'homme blanc ne comprend pas nos pensées. Pour lui, un lopin de terre en vaut un autre, car il est l'étranger qui vient de nuit piller la terre selon ses besoins.  

    Le sol n'est pas son frère, mais son ennemi, et quand il l'a conquis, il poursuit sa route. Il laisse derrière lui les tombes de ses pères et ne s'en soucie pas. [...] Apprenez à vos enfants ce que nous apprenons à nos enfants, que la terre est notre mère. Tout ce qui arrive à la terre arrive aux fils de la terre. Lorsque les hommes crachent sur la terre, ils crachent sur eux-mêmes. Nous le savons : la terre n'appartient pas à l'homme, c'est l'homme qui appartient à la terre. Nous le savons: toutes choses sont liées comme le sang qui unit une même famille. Toutes choses sont liées."

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