• Mon pere,ce Héros parmi d`autres

    Une bouffée d'air des hauteurs a tous ceux (elles)qui ont gouté a cette fleur d'éternité.

    Bab El Oued ,vue depuis Bologhine (Saint-Eugene).Aquarelle .Mohamed Aib .2008 . Artmajeur .Santodji.

    Mon père (qu'il repose en paix) vint à Alger très jeune .Il s'installa chez notre oncle Lamri, son aîné. Celui-ci était déjà marié .Tout se passait bien Jusqu'au jour ou mon père tomba malade .Il resta allongé, fébrile, durant un couple de jours. La fièvre ne voulait pas démordre. Un jour, sa belle sœur lui dit qu'il fallait qu'il aille travailler s'il voulait manger. Il fut choqué et  répondit que dans son état, cela relevait de l'impossible. Le soir quand mon oncle rentra du boulot, il s'aperçut que son frère n'était pas là. Il était content que mon père se soit rétabli. La table était prête. Il attendit toute la soirée son retour pour manger ensemble. Il se coucha sans avoir rien prit malgré la faim qui le tenaillait. Le matin suivant ; inquiet, il partit à sa recherche dans les lieux qu'il avait l'habitude de fréquenter. Une de ses connaissances lui apprit que son frère avait été vu près de la caserne du coin, à la sortie de la ville. Effectivement, il le retrouva malade encore, en uniforme. Il s'était engagé dans l'armée française .Mon oncle Lamri ne dit mot .Il rentra chez lui, répudiant sa femme sur le champ en lui abandonnant tout. Il s'engagea lui aussi rejoignant ainsi mon père .La deuxième guerre mondiale venait juste d'éclater. Monte Cassino, la Corse, l'Alsace, l'Allemagne. Se battre contre les nazis était une chose, mais aller en Indochine pas question !
    La prise de conscience de la situation algérienne lors des massacres du 8 mai 1945 poussa mon père à fréquenter les cercles de oulémas. Maman me révéla, un jour, que ce n'est que dans les années 58 qu'elle a su que l'Algérie est notre pays ! Mon père était un militant de la cause nationale et activait secrètement depuis des années. Les français les appelaient tirailleurs << indigènes >> ! Il y 'en a eu des centaines de mille. Des algériens, marocains, sénégalais...Le pont du zouave à Paris te donne une idée de l'habillement des zouaves et le niveau de la Seine lors des intempéries. Des milliers de morts, à perte de vue ,sont enterrés dans des cimetières tels que Verdun ...Les pays correspondants n'ont jamais été invités aux cérémonies officielles commémoratives à ce jour .Peut être pour économiser dans l'argent des pensions de guerre ? La reconnaissance des immigrants en France ; ceux qu'on appelle beurs particulièrement poseront un jour ou l'autre le problème de la reconnaissance. Ensuite il participa à la guerre d'Algérie, clandestinement. Il devint Commissaire politique durant la bataille d'Alger. Le boss de la fameuse Place de Chartres ; c'était lui. Les attentats ciblés dans son secteur .Une clinique de chirurgie clandestine existait sur la rue René Caillé, un peu plus haut qu'un ancien bordel disparu; le chat noir. Au nez et a la barbe des soldats français. Il ravitaillait les moudjahidine, là haut dans les djebels et à coté, en médicaments, rangers...Il avait gardé un cahier d'écolier dans lequel étaient consignés les attentats dont il était responsable .l'un d'eux décrit celui du Tantonville, près de l'opéra d'Alger commis à l'arme blanche .Il était fidai ou Moussebel, un gars qui se fichait de la mort et, qui n'appartenait pas à l'ANP ou ce qui allait le devenir. Seule la foi en Dieu l'animait.Son amour pour le pays était d'une pudeur incroyable. Les hommes de sa génération croyaient en l'acte d'amour et non son analyse a classer dans l'ordre du superflu.  Son supérieur hiérarchique s'appelait le Commandant Azzedine, comme mon frère cadet.

    Extrait«Relevé psychiatrique d'un Anonyme» Mohamed Aib .2001

    « Histoire banale d'une crise cardiaque .Sevrage | 12 mars 2009 »
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