• La division du dar el islam (2)

     

    La division du dar el islam

     

     

    Sur les cartes, la tâche verte de l'islam s'étend16 vers l'Asie et l'Afrique subsaharienne, "une seule religion, mais des idéologies qui s'en réclament", selon Yves Lacoste et qui troublent beaucoup l'analyse. Deux pays revendiquent le rôle de leader du monde musulman : l'Arabie Saoudite et l'Iran.

    Pour contrer une renaissance moderniste de l'islam, l'Arabie, "patrie" du wahhabisme, a pris l'initiative dès 1969 de créer l'Organisation de la Conférence islamique. Le motif invoqué lors de sa création a été l'appel aux musulmans après l'incendie de la Mosquée El Aqsa de Jérusalem et l'annexion de la partie est de la ville par l'Etat hébreu.

    Cependant, dès 1974, le deuxième sommet islamique abandonne les domaines proprement religieux et théologique à la Ligue islamique mondiale (siège La Mecque) et décide de consacrer ses efforts
    au regroupement des musulmans en une entité d'un milliard d'hommes17. Sous l'appellation "la nation islamique" émerge un nouveau regroupement qui aurait mission de représenter les musulmans dans les instances internationales et de promouvoir une conception musulmane du droit international et des rapports entre les Etats. A la Ligue islamique est laissé le soin de rédiger la "Charte islamique des droits de l'Homme"18, selon les principes de l'évidente divinité de l'Homme, créé par un Dieu qui lui concède les droits de l'Homme. Cette Charte a le mérite d'établir ces droits pour l'Homme en général, ce qui constitue un progrès très net vis-à-vis des pratiques discriminatoires à l'égard des femmes dans bien des pays musulmans.

    Cette organisation, outre le cas permanent posé par l'occupation de Jérusalem et évoqué à chaque Sommet, s'est finalement consacrée à des résolutions et des actions plus économiques :

    - coopération entre Etats musulmans riches et Etats musulmans pauvres (Lahore, 1974) ;

    - projet de marché commun islamique sous l'impulsion des économistes pakistanais (Taëf, 1980) ;

    - création d'une banque islamique de développement (capitaux saoudiens) et création d'un "dinar islamique", monnaie de compte vite abandonnée.

    Ces décisions rendent compte de la main-mise de l'Arabie Saoudite sur la direction de l'OCI et sur la Ligue islamique mondiale, conjuguant capitaux, direction financière et direction théologique. L'OCI a connu une certaine heure de gloire avec la condamnation unanime de l'intervention soviétique en Afghanistan (1981) mais depuis cette date, malgré le retour de l'Egypte, la "sécession" iranienne lui a fait perdre du poids. C'est la Ligue (Rabita) qui est chargée de "créer l'unité des musulmans" et a organisé des départements dans chaque pays musulman, des écoles et des "missions" en Afrique et en Europe.19 La Grande-Bretagne est la plaque tournante de la Ligue qui entend y regrouper les trois à quatre millions de musulmans, essentiellement asiatiques, résidant dans ce pays.

    Ces deux instruments sont en fait essentiellement ceux de la politique étrangère de l'Arabie Saoudite qui associe prosélytisme religieux et prêts de capitaux. Le déficit réside dans la formation des cadres religieux, le Pakistan restant toujours grand pourvoyeur d'imams. Mais la création et le développement de ces organismes correspondent à une réinstitutionnalisation du monde musulman qui peut être interprété de deux façons concomitantes en Europe et aux Etats-Unis :

    - il s'agirait d'un contre-feu modéré aux tentatives déstabilisatrices de l'islamisme révolutionnaire. Cet islam conservateur pro-occidental (non pour les mœurs mais pour l'alliance politique) paraît plus à même de stabiliser des zones d'intérêts stratégiques : le Golfe ou les pays de la frontière. Il a pour inconvénient de consolider aux dépens des Droits de l'homme, un apartheid musulman.

    - il pourrait s'agir d'une "internationale" dépourvue toutefois de centre mais qui fait peur par la capacité de mobilisation des foules dans les mosquées, par son prosélytisme ou pour l'image qu'elle renvoie des Occidentaux20. On s'habitue en ce sens à dire "musulman" comme on dirait "juif" : une ethnie nouvelle en Bosnie-Herzégovine créée par Tito pour combattre le nationalisme ethnique des minorités non serbes. Cette dérive, faire des musulmans une ethnie, ou un nouveau peuple, est combattue par certains théologiens musulmans qui estiment, à l'instar de Mohamed Said el Ashmawyy, qu'il s'agit d'une corruption de l'Islam par le judaïsme21. L'Islam n'étant pas la religion d'un peuple, mais celle de tous les hommes, quelle que soit leur appartenance nationale et ethnique, aucune ethnie, ni nation ne saurait s'approprier la religion, ni aucun musulman prétendre n'être plus un national, à la façon dont le secrétaire de la Ligue islamique mondiale à Londres se présente : musulman, né en Egypte. De ce fait la problématique de certains musulmans de prétendre que l'Islam est d'abord la religion des Arabes ou bien qu'un Arabe ne peut se concevoir sans la religion musulmane, montre bien les difficultés relationnelles entre les deux appartenances. C'est au point d'ailleurs que ces deux idéologies de mobilisation, l'arabisme et l'islamisme "oscillent entre fécondation réciproque et méfiance et ne peuvent prospérer en même temps" 22. Quand l'une est au creux de la vague, l'autre prend le dessus et investit le champ culturel.

    Alors ? Qu'est-ce qu'être Arabe ? qu'est-ce qu'être musulman ?

     

     

     

     

     

    "On sait qu'il y a des Arabes qui ne sont pas musulmans et des musulmans nonarabes. On sait qu'au sein même de l'aire arabe, s'affirment de plus en plus fortement des nationalités spécifiques, que des Etats différenciés les régissent, mais que pourtant jouent obscurément des apparentements souterrains entre le phénomène arabe et le fait islamique... Sommes-nous, se demande Hichem Djaït23comme les Arabes du VIIe siècle qui ont subjugué le Vieux monde ou sommes-nous d'autres Arabes ? La priorité appartient-elle à la nation restreinte dont les chefs politiques visent à enraciner la notion ou bien à cette vaste communauté arabe en devenir ? Est-ce que l'arabité peut véritablement se concevoir sans l'Islam et cet islam est-il une conscience religieuse ou une conscience historique ?" Telles sont les questions que pose clairement un intellectuel tunisien en 1974 et qui sont devenues sous les vocables "recherche de l'identité" le leitmotiv des intellectuels, surtout du Maghreb. Si Hichem Djaït conclut à cette époque à la composante islamique (dans son sens civilisationnel, comme l'on dit la civilisation judéo-chrétienne de l'Europe) de la personnalité arabe, la revendication de la primauté islamique dans la personnalité arabo-islamique laisse t'elle une chance et un devenir à l'arabisme ? Ou bien nous trouvons-nous dans une toute autre problématique qui consiste à voir, dans la faillite du système arabe et du nationalisme arabe, le succès des Etats-nations et du régionalisme dans le cadre d'une recherche d'une identité originale qui combinerait l'arabité, l'islamité et la citoyenneté moderne ?

    Nation arabe et nationalités

    Une question de vocabulaire

     

     

     

     

     

    Il y a dans la langue arabe plusieurs termes pour désigner tout ce qu'englobe le terme "nation" en français :

    - la nation-race : al jinsyya ;

    - la nation-mère : al oumma ;

    - la nation-patrie : al watan ;

    - la nation-Etat : al dawla ;

    - la nation-peuple : al chaab ;

    - la nation issue d'un soulèvement : al qawmyya ;

    - le nationalisme local : al qutryyah.

    Les quatre termes les plus utilisés sont :

    al watan a une connotation combattante, employé surtout au Maghreb (par exemple le journal El Watan) ;

    al qutriyyah désigne le nationalisme et la proclamation d'une identité particulière dans des frontières affirmées. Utilisé dans les pays de l'Afrique du nord : exemple le nationalisme égyptien ;

    al qawmyya a une connotation anti-colonialiste, laïque, employé surtout par les Baas'istes, par exemple al qawmyya al arabia (le nationalisme arabe anti-colonialiste) ;

    al oumma a une connotation culturelle et religieuse, employé par les arabo-islamistes. Dans le Coran, ce terme est utilisé pour désigner indifféremment une nation, une communauté, une race, un peuple, un groupe social. Ce sont les compilateurs des écrits et des paroles de Mahomet qui en fixèrent le sens en "communauté religieuse et politique destinée à regrouper les adeptes arabes et non arabes de l'Islam"24.

    Qu'est-ce qu'un Arabe ? qu'est-ce que le nationalisme arabe ?

     

     

     

    Il y a quatre grandes conceptions qui caractérisent trois types d'attitude à l'égard du phénomène nationaliste arabe.

    L'arabisme intégral

     

     

     

    Pour le Baas syrien (Sati Al Houçri, 1961) "tous les pays dont les habitants parlent la langue arabe sont arabes... Qu'ils soient égyptiens, koweitiens, marocains, musulmans ou chrétiens, sunnites, djafarites (chiites) ou Druzes, catholiques ou orthodoxes ou protestants... Les différences et les divergences que l'on voit maintenant entre les Etats arabes du point de vue de leurs institutions administratives, législatives et économiques ainsi que leurs orientations politiques sont toutes l'héritage des époques d'occupation". En bref, sont Arabes tous ceux qui habitent l'ancien empire musulman,"entre les Monts Taurus, Zagros, le Golfe, l'océan Indien, les montagnes d'Ethiopie, le Sahara, l'Atlas et la Méditerranée"(article 7 des Principes fondateurs du Parti socialiste arabe Ba'ath). Cette définition a pour mérite de supprimer définitivement toute question de minorité, copte, kurde, tcherkesse, arménienne, érythréenne ou berbère (pour ne citer que les plus connues du monde arabe) qui supportent de plus en plus mal cet expansionnisme de la notion d'Arabe. En lisant les programmes des partis politiques algériens on constate que le pro-arabisme est étroitement lié à la dénégation de la différence et à l'existence de minoritaires25 et à la forte affirmation de l'identité islamique, alors que les partis dits "régionalistes", parce que reconnaissant le droit à l'existence et à la langue des Berbères, se placent dans une problématique laïque.

    L'arabisme culturel

     

     

     

    Pour le ministre de la culture tunisien en 1958, "le nationalisme arabe est à la fois un héritage culturel, une orientation intellectuelle commune, des intérêts matériels tantôt concordants, tantôt divergents et une volonté commune d'entité unifiée ou intégrée", ce qui ne l'empêche pas dans le même discours de prôner le droit à la liberté totale des intellectuels à ne pas vouloir encenser le nationalisme arabe. Le nationalisme est donc une culture, pas plus qui ne doit pas entraver le nationalisme local. Le "bourguibisme" variante locale du nassérisme selon ses détracteurs est composé de l'affirmation de l'identité nationale tunisienne, construite dans la lutte contre les Ottomans et les Français, du libéralisme, d'un Islam étatisé et contrôlé et d'une totale indépendance vis-à-vis des politiques arabes. La Tunisie a quitté une fois la Ligue arabe (1958-61) et rompu deux fois ses relations diplomatiques avec l'Egypte pour protester de leur ingérence dans les affaires intérieures tunisiennes.

    L'arabisme expression de la lutte des classes

     

     

     

    Pour les marxistes, "le nationalisme arabe est la façon arabe d'aborder la question coloniale et nationale" 26"Nous rejetons comme réactionnaires toutes les fadaises de communautés de langue, de race, de religion et autre "fraternité de sang"... Qui est l'ennemi du peuple tunisien ? l'Etat d'Israël valet de l'impérialisme américain ou bien l'Etat tunisien, valet de l'impérialisme américain ?" 27 Dans le dernier programme du PAGS algérien28, la seule référence au nationalisme arabe est mise en relation avec l'Empire ottoman, ou bien en tant qu'invention du néo-colonialisme pour perpétuer sa division du monde arabe. En bref le nationalisme arabe c'est le retour au féodalisme ou à la domination coloniale, il entrave la lutte des classes. L'Union soviétique n'a jamais soutenu l'unité arabe mais a considéré que les partisans les plus acharnés de celle-ci se plaçaient dans son camp : Egypte, Syrie, Irak et Libye. Dans cette optique, l'arabisme était une variante du tiers-mondisme.

    L'arabisme réaliste

     

     

     

    Pour Moammar El Gaddafi, "l'attitude du néo-colonialisme nous oblige à édifier des ensembles garantissant notre protection et notre survie, objectifs accessibles seulement au prix de notre unité. Le grand Maghreb arabe n'est qu'une étape sur la voie de l'unité arabe" 29. Cette conception réaliste a présidé à l'élaboration du traité de Marrakech qui a créé l'Union du Maghreb arabe en 1989.

    Il n' y a pas d'arabisme racial

     

     

     

    L'étude ethnologique permet de constater que l'ethnie arabe est originaire du Hidjaz et de l'Arabie du sud. Des tribus rebelles à une autorité centrale furent unifiées par la force et la conversion par Mahomet et, sous l'impulsion de l'islam, "arabisèrent" d'autres tribus, c'est-à-dire les convertirent à l'islam et leur apprirent l'arabe. L'islam fut d'abord un mouvement national arabe avant de devenir par son extension aux peuples conquis, une religion mondiale. L'ethnie arabe n'existe donc pas, le nationalisme arabe qui prétend unifier les Arabes parce qu'il s'agit d'un seul peuple ou d'une race est donc une tromperie. L'arabisme est une idéologie unitaire qui a servi de tremplin pour le pouvoir aux arabistes triomphants, tels que Nasser, Kaddafi, désireux d'imposer leur influence aux autres pays arabes, ou bien aux arabistes putshistes tels que Hafez el Assad ou Saddam Hussein pour imposer le pouvoir d'une minorité, d'une famille, les Alaouites en Syrie, les Takritis en Irak.

    Les tentatives d'unité arabe ont émané de l'initiative de ces personnages ou de leurs pays.

    • 1942: projet d'union de la Grande Syrie: Syrie, Liban, Palestine et Transjordanie, sous direction hachémite.
    • 1958: union Egypte-Syrie à laquelle se joint le Yémen jusqu'à 1961 sous l'appellation "République arabe unie".
    • 1958: tentative d'Union arabe entre la Jordanie et l'Irak.
    • 1969 à 1971: Charte de Tripoli: union Libye-Egypte à laquelle se joignent le Soudan et la Syrie.
    • 1971: fédération des Républiques arabes: Egypte, Libye, Syrie, après le coup d'Etat de Numeiry au Soudan.
    • 1972: fusion Egypte-Libye: quelques mois.
    • 1974: fusion Libye-Tunisie, vite dénoncée par Bourguiba.
    • 1982: projet d'union Egypte-Soudan, dénoncé en 1986.
    • 1982: Conseil de coopération arabe entre Egypte, Irak, Jordanie et Yémen, gelé en 1990.
    • 1984: fusion Maroc-Libye assortie d'un traité militaire, plutôt tourné contre l'Algérie.
    • 1989: fusion Yémen-Libye.
    • 1990: intégration Soudan-Libye.

    Trois organismes regroupent des Etats arabes et existent toujours malgré une certaine mise en sommeil :

    • la Ligue des Etats arabes, 1942;
    • le Conseil de coopération du Golfe, 1982;
    • l'Union du Maghreb arabe, 1989.

    Ces trois organismes ont les mêmes caractéristiques : il s'agit d'une association d'Etats souverains et indépendants (article Ier de la Charte de la Ligue) avec un objectif déterminé, "le resserrement des rapports entre les Etats membres et la coordination de leur action politique... et une coopération étroite" (article 2 de la Charte de la Ligue) ou bien "la consolidation des rapports de fraternité qui lient les Etats membres et leurs peuples... établissement de la concorde, coopération diplomatique, économique culturelle" (articles 2 et 3 du Traité de l'UMA). La Charte ne s'inscrit pas dans une vision unitaire arabe complète comme le traité de l'UMA qui est non contraignant, tandis que la Charte dispose d'articles contraignants en cas d'agression et en cas de prise de décision. Mais il y a deux clauses (article 8 dans la Charte et article 15 de l'UMA) qui précisent la non-intervention dans les affaires intérieures de chaque Etat membre.

    Le système arabe entre pan-arabisme et intérêts spécifiques des Etats, essai de stratification

     

     

     

    Depuis la deuxième guerre mondiale, le monde arabe a été tiraillé entre deux conceptions : le nationalisme arabe auquel s'opposent le nationalisme local (al qutryyah) et un système d'Etats qui travaille à l'art des ajustements et des équilibres entre intérêts de puissances. Si le système arabe est malade, c'est soit parce que les intérêts locaux ont pris le dessus, soit parce qu'il n'y a plus d'équilibre au sein du système d'Etats pour cause de volonté hégémonique. Des deux versants de l'explication surgit l'intérêt national étatique.

    Baghat Korany30 propose un découpage du système arabe :

    • 1945-1954: création de la Ligue et désastre des Palestiniens, dont le problème devient le cœur des relations inter-arabes et des Arabes avec le reste du monde.
    • 1954-1961: triomphe du pan-arabisme: symbiose de la doctrine pan-arabe avec le nassérisme.
    • 1961-1967: premières fissures au sein du monde arabe (guerre du Yémen).
    • 1967-1973: désastres militaires, fin du pan-arabisme et traumatisme du système régional. Les Palestiniens échappent à la tutelle.
    • 1973-1978: crise pétrolière qui fait émerger les pays du Golfe et accord bilatéral de Camp David qui rompt le principe de la non-négociation avec l'ennemi.
    • 1979-1989: libanisation du système arabe par vide de leadership et multiplication des conflits inter-arabes et entre arabes et non-arabes.
    • 1989-...: fragmentation en sous-systèmes régionaux compétitifs, recomposition des hiérarchies avec la guerre du Golfe et la disparition de la compétition est-ouest dans la région et processus de démocratisation.

    On se rend compte immédiatement que ce découpage est beaucoup plus valable pour le Machrek que pour le Maghreb qui ne vit pas au même rythme. Il part de l'idée que le "système arabe" existe ou a existé. S'il mentionne le problème palestinien comme "noyau dur" des relations, il omet de signaler l'importance de la mouvance islamique comme facteur perturbateur, ainsi que le rôle et la place que jouent les armements dans l'équilibre entre Etats au cœur du système31. La faillite du système arabe met en évidence la croissance et la consolidation des Etats-nations du monde arabe et le processus de régionalisation.

    Ainsi, chez les chercheurs, le débat ne porte plus sur le comment faire l'unité arabe mais sur son pourquoi et sur l'existence ou non d'une nation arabe32. Il porte aussi sur la dialectique entre nation-arabe et nations-Etats.

    Pour les nationalistes arabes, l'unité a échoué pour diverses raisons : à cause de la domination étrangère (Samir Amin), de l'absence d'une classe capitaliste arabe supranationale (Faouzi Mansour), de l'émergence des particularismes ethniques locaux (ex Liban). Burhan Ghalioun développe deux idées :

    "Les Arabes ne constituent pas une nation au sens moderne du terme mais ils en possèdent tous les éléments constitutifs33. Ils ne constituent pas en tous cas des nations différentes et distinctes, car ils sont sur le plan culturel profondément unifiés. Il faudrait parler d'une seule nation en formation qui n'a pas réussi son intégration politique et économique, mais qui n'a pas les moyens de la manquer".

    - Sa deuxième idée est que la nation arabe n'a pu se constituer à cause des Etats devenus des oligarchies anti-populaires. Si le peuple reprenait le pouvoir, il serait automatiquement nationaliste-arabe.

    A suivre.

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