• Ighilahriz s’oppose à la candidature de Bouteflika à la présidentielle de 2019

    Ighilahriz démissionne du sénat et s’oppose à la candidature de Bouteflika à la présidentielle de 2019 : «Le 4e mandat finit très mal»

    21 octobre 2018 à 1 h 25 min

    Louisette Ighilahriz, la grande icône de la Guerre de Libération nationale, claque la porte du Conseil de la nation. Cette grande moudjahida, qui a subi les affres de la torture de la puissance coloniale, démissionne du tiers présidentiel du Sénat.

    Dans sa lettre de démission, cette psychologue de formation exprime clairement sa colère quant à la situation dans laquelle se trouve cette institution où elle siégeait depuis février 2016, mais aussi quant à ce qui se trame dans l’ombre contre le pays. «Je suis dans l’obligation et le regret de vous présenter ma démission du tiers présidentiel.

    Les causes de celle-ci sont, entre autres : je ne suis pas convaincue pour ma participation à un 5e mandat. Donc, je suis contre. Deuxièmement : un climat anxiogène règne dans l’enceinte de la structure, qui m’étouffe et me désoriente à toute nouvelle initiative», écrit Louisette Ighilahriz dans sa lettre de démission, déposée hier au bureau du Conseil de la nation. Cette grande révolutionnaire refuse ainsi de perdre sa «dignité» et ses «principes» pour lesquels elle s’est toujours battue.

    On se rappelle encore de sa déclaration lors de son installation au tiers présidentiel du Sénat en affirmant qu’elle était «un électron libre» et qu’elle n’avait aucunement troqué sa liberté ni ses principes contre un siège au Sénat. Elle le confirme aujourd’hui. Connue pour son verbe acéré notamment quand il s’agit de rappeler à l’opinion publique des vérités historiques des plus explosives, Louisette Ighilahriz ne manque pas de discernement.

    Du haut de ses 82 ans, elle continue à scruter et à analyser les faits politiques qui dominent la scène nationale. Sans prendre de gants, elle parle de la gouvernance du président Bouteflika. «Le 4e mandat finit très mal avec l’affaire de la cocaïne, la chkara, la mise sous mandat de dépôt de généraux-majors et la présence à nos portes du FMI parce que nos réserves de change ont fondu.

    L’argent est à l’étranger. Il y a eu des réalisations certes, mais très peu», affirme-t-elle dans un entretien accordé à El Watan. Louisette Ighilahriz ira encore plus loin en considérant que «le Président est pris en otage par un groupe qui parle en son nom. Je ne peux pas voter pour un candidat invisible. Au moins qu’il sorte et nous dise : ‘‘Votez pour moi.’’ Il ne fait qu’une ou deux apparitions par an de trois minutes.»

    Sa démission du Sénat ne peut que constituer un coup dur aux partisans du 5e mandat, dont Djamel Ould Abbès, qui siège, lui aussi, au tiers présidentiel du Sénat. Etant un symbole de la Guerre de Libération nationale, Louisette Ighilahriz sait pertinemment que sa présence au tiers présidentiel du Sénat pourrait être exploitée comme caution à d’éventuels événements politiques futurs.

    Elle refuse donc de cautionner une éventuelle option politique mortifère pour le pays. Pour garder sa dignité, elle décide d’anticiper sur les événements, avant qu’elle soit mise devant le fait accompli.

    C’est aussi sa manière d’exprimer son mécontentement quant à l’état général du pays. Elle dénonce l’absence de facilitations pour l’investissement. «Qu’ils nous disent pourquoi ils refusent qu’Issad Rebrab s’installe en Algérie. On lui ferme toutes les portes. Est-il un harki ? A-t-il volé ?» lâche-t-elle.

    Son retrait bruyant du Sénat est aussi lié au dernier «coup de force» opéré à la Chambre basse du Parlement. Louisette Ighilahriz qualifie ainsi l’opération de destitution de Said Bouhadja d’«illégale et anticonstitutionnelle». «Bouhadja est un vrai moudjahid. Je lui accorde tout mon soutien», affirme-t-elle.

    Par ses déclarations tonitruantes, Louisette Ighilahriz rejoint indirectement le groupe des «14  personnalités politiques et historiques» qui voulaient s’assurer, à travers une audience, que le président Bouteflika n’était pas «pris en otage» par des lobbies.

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