• BNP Paribas s'engage contre les gaz et pétrole de schiste

    BNP Paribas s'engage contre les gaz et pétrole de schiste Par Delphine Cuny | 11/10/2017, 12:50

    . "Mon point de vue de banquier, mais aussi d'ingénieur de formation, est que la transition énergétique est aujourd'hui l'autre nom du développement économique" fait valoir Jean-Laurent Bonnafé, le directeur général de BNP Paribas. (Crédits : Reuters) La banque cesse le financement de projets d'exploration, de production et de transport d'hydrocarbures non conventionnels. Un pas dans la bonne direction, selon l'association des Amis de la Terre, qui appelle le Crédit Agricole, la Société Générale et Natixis à faire de même. [Article publié à 12h50 et mis à jour à 18h20] L'annonce tombe à point nommé, à tout juste deux mois du Sommet Climat qui se tiendra à Paris à l'initiative du président Emmanuel Macron le 12 décembre.

    La banque BNP Paribas, la première de la zone euro en termes d'actifs, annonce ce mercredi de nouveaux engagements très concrets dans la lutte contre le réchauffement climatique, en alignant ses activités de financement et d'investissement « sur le scénario de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) visant à contenir le réchauffement climatique en dessous de 2° d'ici la fin du siècle ». Le géant bancaire français va mettre en place « une nouvelle politique mondiale de financement relative à l'exploration, la production et le transport des hydrocarbures non conventionnels », faisant valoir que « le gaz et le pétrole de schiste et le pétrole issu des sables bitumineux, sont des sources d'énergie dont l'extraction et la production sont très émetteurs de gaz à effet de serre et ont un impact négatif sur l'environnement.» D'une part, BNP Paribas cesse ses relations avec les acteurs dont l'activité principale est l'exploration, la production, la distribution, le marketing ou le trading de gaz et de pétrole de schiste et/ou de pétrole issu des sables bitumineux. D'autre part, la banque arrête de financer des projets « majoritairement dédiés » (30%) au transport et à l'exportation de gaz ou pétrole de schiste (pipelines, terminaux LNG). En outre, BNP Paribas s'engage à ne pas financer de projets d'exploration ou de production de gaz et de pétrole en Arctique. "Un pas dans la bonne direction" pour les ONG Lors de l'assemblée générale des actionnaires en mai dernier, des militants écologistes, notamment de l'association des Amis de la Terre, venue avec un chef de tribu sioux, avaient interpellé le directeur général de BNP Paribas, Jean-Laurent Bonnafé, au sujet du financement du très controversé oléoduc Dakota Acces Pipeline (DAPL) aux Etats-Unis. Société Générale et Crédit Agricole avaient subi le même sort à leurs AG. Ce mercredi, les Amis de la Terre reconnaissent que l'annonce de BNP Paribas constitue « un pas dans la bonne direction ». « Malgré les zones d'ombre [sur le périmètre d'application], nous saluons la direction suivie par la banque : l'urgence climatique requiert de renoncer à des pans toujours plus larges des énergies fossiles, et exclure les énergies fossiles non conventionnelles est bien l'étape suivante après les mesures déjà adoptées sur le charbon.

    Nous appelons désormais les autres banques françaises Crédit Agricole, Société Générale et Natixis à suivre la voie tracée par BNP Paribas et à aller encore plus loin ! », lance une porte-parole de l'ONG dans un communiqué. L'ONG relève que « BNP Paribas est la première banque à s'engager à ne pas vouloir financer ni des pipelines de gaz de schiste ni des terminaux méthaniers qui liquéfient et exportent principalement des gaz de schiste ». Laurence Pessez, la directrice RSE (responsabilité sociale et environnementale) de BNP Paribas, nous confie : « Il y a un sentiment d'urgence à agir, qui est partagé par tout un écosystème, les associations mais aussi nos grands clients de l'énergie, qui font évoluer leur business model à toute vitesse. Nous sommes sélectifs et ne nous engageons pas avec des acteurs qui ne sont pas dans la transition. C'est un renoncement limité, à court terme, à du business, mais ce sera compensé par de nouveaux projets, par exemple dans les énergies renouvelables. » Etre un accélérateur de la transition énergétique Jean-Laurent Bonnafé a pris la plume sur le réseau social LinkedIn pour expliquer la démarche du groupe. « Financer l'économie au XXIème siècle, c'est être un accélérateur de la transition énergétique. [...]

    Mon point de vue de banquier, mais aussi d'ingénieur de formation, est que la transition énergétique est aujourd'hui l'autre nom du développement économique. » Il souligne que la banque s'est fixée en interne « l'objectif de neutralité carbone à l'horizon fin 2017 » et qu'elle a « décidé de ne plus financer de mines et de centrales thermiques à charbon dans le monde et de ne financer que les entreprises de ce secteur qui sont engagées dans une stratégie de diversification de leurs sources de production ». « Partenaire historique du secteur énergétique et acteur engagé dans la transition vers un monde plus durable, notre rôle de banque internationale est d'être un accélérateur de la transition énergétique et un acteur engagé dans la décarbonisation de l'économie », fait valoir le patron de BNP Paribas. Début septembre, le groupe bancaire a créé une direction de l'engagement, dans l'objectif de « franchir un cap dans la prise en compte des enjeux sociétaux et environnementaux ». Startups vertes et green bonds La banque de la rue d'Antin avait déjà pris une série de mesures et d'engagements pour le climat. A la veille de la COP21, en novembre 2015, la BNP s'était fixée « un objectif de 15 milliards d'euros de financement des énergies renouvelables à l'horizon 2020 », en doublement en cinq ans. A la fin 2016, la banque se situait à 9,3 milliards d'euros. BNP Paribas avait également prévu d'investir dans les cinq ans 100 millions d'euros dans les start-up spécialisées dans la transition énergétique : une équipe dédiée a été créée et quatre investissements ont été réalisés à ce jour pour un peu plus de 15 millions d'euros. « BNP Paribas a par exemple investi dans l'entreprise allemande Heliatek, qui produit un film photovoltaïque organique ultraléger, que l'on peut poser sur n'importe quel type de toit, en verre, en béton : un pilote est en cours dans un lycée de la Rochelle. L'efficacité énergétique constitue, avec le stockage de l'énergie, les domaines dans lesquels nous ciblons nos investissements car ils sont clés pour rester en-deçà des 2° de réchauffement climatique », nous précise Laurence Pessez. La banque veut aussi pousser les feux dans la finance verte, où son concurrent Crédit Agricole est aujourd'hui leader. « Notre objectif, déjà atteint, est de figurer dans le top 3 en matière d'arrangement d'obligations vertes en euro, ce qui correspond à notre part de marché naturelle. Depuis 2012, nous avons contribué à placer 8,8 milliards de green bonds. Sur le seul premier trimestre, nous sommes à 3,2 milliards de dollars, en hausse de 88%. Nous avons aussi émis notre propre obligation verte de 500 millions d'euros en décembre 2016, fléchée sur des investissements dans les énergies renouvelables », met en avant la directrice RSE.

    Source:http://www.latribune.fr

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